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Pourquoi pas ? Il y a bien un dictionnaire des noms propres.

Et je peux vous garantir que bien souvent ces noms propres n’ont de propre que le nom !

Imaginez donc que parmi tous ces noms soi-disant propres on trouve ceux d’Hitler, d’Attila, de Mussolini et de Jean-Paul deux, ceux de Duplessis, de Franco, de Himmler et de Paul Martin, ceux de Pinochet, de Néron, de Dracula et de George Bush, ceux de Saddam Hussein, de Raspoutine, de Staline, de Lucrèce Borgia et de Landru, ceux de Mao Tsé-Toung, de Tchang Kaï-Chek, de Ceausescu et de Baden-Powell, ceux de Machiavel, de Ponce Pilate, de Jack l’éventreur et de Michael Jackson…

J’ai fini par en acheter un.

Un dictionnaire des noms soi-disant propres.

Mais attention! Je n’ai posé ce geste que dans le but avoué d’y faire le ménage. J’ai en effet entrepris d’en rayer tous les noms qui n’étaient pas absolument propres. Autrement dit, il me fallait retirer du dictionnaire le nom de tous les sales cons qui s’y trouvaient.

Je commençai par le plus facile : je balayai tous les politiciens et dans la foulée, puisque j’en étais aux menteurs, tous les curés, évêques, cardinaux, papes et autres gourous.

Le dictionnaire avait déjà maigri de moitié.

Il était temps d’en retirer tous les emmerdeurs. Je bannis donc les saints, les doctrinaires, les économistes, les analystes, les essayistes et autres commentateurs. Comme j’avais remarqué, ce faisant, que ce genre d’individus avaient généralement de très sales gueules, je supprimai tous ceux dont le portrait ne m’était pas sympathique.

Cela me fit découvrir que les militaires avaient des faciès exécrables ; je rayai donc tous les militaires.

Mon dictionnaire était réduit au dixième de son volume et on commençait à y respirer.

Je m’attaquai dès lors aux artistes. Je répudiai tous ceux qui avaient l’air prétentieux ou semblaient avoir des arrière-pensées égocentriques, c’est à dire presque tous.

Finalement, lorsqu’il ne restait qu’une page à mon dictionnaire, j’y cherchai les noms de mes rares amis. Mais ceux-là n’étaient pas au dictionnaire.

En fait il n’y restait que deux noms : François Rabelais et Alfred Jarry. Mais Rabelais était un curé. Pour être logique avec moi-même, je dus l’éliminer.

C’est depuis ce temps-là que j’étudie la pataphysique.

Vous ne savez pas ce que c’est que la pataphysique?

Allez voir au dictionnaire…

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Je suis prêt à parier que le message de votre répondeur ressemble à s’y méprendre à ceci :

Bonjour. Vous avez bien rejoint le (ici s’égrène la morne litanie des chiffres d’un numéro de téléphone). Nous sommes dans l’impossibilité de vous répondre. Au signal sonore, laissez-nous votre nom et votre numéro de téléphone, nous vous rappellerons dès que possible.

Quelle navrante banalité ! Quelle intolérable uniformité ! Alors qu’il est si facile de surprendre agréablement vos correspondants ! Commencez par choisir le ton de votre message. Le reste en découlera tout seul. Par exemple :

Avenant : Bonjour, Vous êtes bien où vous voulez, mais pas au bon moment, alors laissez-nous un message.

Gentil : Je ne voudrais pas vous manquer ; laissez-moi un message.

Léger : Un petit message serait le bienvenu.

Amoureux : Si ce n’est pas (on enregistre ici le nom de la personne qu’on aime), raccrochez ; votre appel ne m’intéresse pas.

Charmant : Quelle belle journée je suis en train de vivre ! Il n’y manquait qu’un message de votre part.

Poétique : Le message que vous allez me fredonner et que je devine charmant sera le joli pont qui unira nos deux âmes pour un trop bref échange.

Dissuasif : Si vous avez du temps à perdre, laissez-moi un message.

Agressif : Ouais, je sais, moi aussi je déteste me faire répondre par une boîte en plastique. Mais vous n’avez qu’à le lui dire vous-même.

Efficace : Message, svp.

Expéditif : Votre message devra obligatoirement posséder l’une des trois qualités suivantes : être bref, être utile, être inexistant.

Bavard : Pour téléphoner à un individu aussi nul que moi, vous devez vraiment avoir du temps à perdre. Cela tombe bien car moi non plus je n’ai rien à faire. Je vais donc répondre à votre appel en espérant que vous serez absent, ce qui me permettra de vous laisser un message pour vous aviser que je réponds au vôtre et que je vous saurais gré de m’en laisser un à votre tour pour m’assurer que vous avez bien reçu le mien.

Capricieux : Moi aussi je déteste les boîtes vocales. C’est pour cela que je n’écoute jamais la mienne.

Impertinent : Si ça vous amuse, laissez-moi un message. Je m’engage à ne pas y répondre.

Impatient : Ça vient, ce message ?

Méchant : Si vous prévoyez formuler un message aussi stupide que d’habitude, ayez l’obligeance de vous en abstenir.

Insolent : Rien ne peut me faire plus plaisir qu’un message de votre part. Cela me confirmera une fois de plus dans ma certitude de posséder une intelligence nettement supérieure à la vôtre.

Définitif : Bon, d’accord ! Laissez-moi un message, mais c’est la dernière fois !

Farceur : Ceci est une fausse boîte vocale; il est impossible d’y déposer un message.

Opportuniste : Vous pouvez m’adresser un message mais je préfère que vous m’invitiez à souper pour me le communiquer de vive voix.

Plaisantin : Savez-vous comment s’appelle ma boîte vocale ? Poubelle. C’est vous dire la qualité des messages qu’on y trouve.

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C’est pas bon si c’est pas cher

Qui d’entre nous n’a eu cette réaction, un jour qu’on lui « offrait » quelque chose à prix d’aubaine? Mais le problème n’est pas que le prix soit bas.

Le problème est qu’il y ait un prix.

Tout a un prix, même les humains. Que dis-je ? SURTOUT LES HUMAINS ! Cela commence dès l’école. Nos enfants se font évaluer, nous dit-on pudiquement. Pour notre information, précise-t-on.

Voulez-vous que je vous dise ce qu’on leur fait, à nos enfants ? On leur colle un prix.

Votre enfant vaut 65.

Le maximum est 100.

Les parents jouent le jeu. Ils contribuent à mettre à prix la tête de leurs rejetons. Si tu as 70 au prochain bulletin, tu auras ton jeu vidéo.

Arrêtez ! Nos jeunes valent quand même mieux que cela ! On met un prix sur une livre de steak, pas sur un enfant !

On pousse même plus loin la malhonnêteté : on publie sur le bulletin la moyenne générale du groupe. Ainsi les parents peuvent jouer leur rôle dans ce formidable passage au moule qu’est l’école. On les invite à comparer leur enfant à ceux des  autres.

Instruire un enfant, ce n’est pas le comparer aux autres, mais l’amener à se comparer à lui-même.

De zéro à cent, il y a cent une notes possibles. Que de nuances inutiles pour exprimer l’aptitude ou l’inaptitude d’un élève ! S’il faut vraiment qu’il y ait des notes, il ne devrait y en avoir que deux : un et zéro. Réussi ou manqué.

Pas assez nuancé, me direz-vous ? Et de savoir que mon fiston a performé en dessous de la moyenne, c’est nuancé ? Quelle que soit l’évaluation utilisée, elle demande explication. Alors pourquoi ne pas se limiter à l’explication ? Dialoguer au lieu de coller une étiquette ? Trop ardu ? On n’a pas le temps ? Ah! Bien sûr, si on n’a pas le temps d’exposer aux parents ce qu’on pense de leur enfant, il y a un manque ! Qui n’a pas le temps de s’asseoir et d’en discuter ? Les profs ? Les parents ? les uns et les autres ? C’est à voir.

Les parents, bien sûr, sont invités à rencontrer les profs de temps à autre. Ils ont le bulletin en mains. Ils sont invités à venir chercher la confirmation de ce qui se trouve sur le papier. Quelle maladresse ! N’envoyez pas de bulletin ! Créez un effet de surprise. Invitez des parents qui ne savent rien des performances de leur enfant ! Ne recevez pas les parents avec des chiffres, mais avec des commentaires. Vous verrez s’ils ne s’intéresseront pas davantage à l’école !

Et puis, au moins, quand ils entreront dans une épicerie, ils ne seront plus honteux de constater qu’on évalue leurs enfants et les légumes de la même manière…

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